Zoom sur la septicémie

Sepsis est un terme anglo-saxon et international utilisé pour décrire la réponse inflammatoire systémique associée aux infections graves. Le terme septicémie a été créé par le médecin français Pierre Piorry en 1837, dérivé du mot grec “Σήψις” (sêptikós), corruption et “αίμα” (haîma), sang, indiquant que des bactéries (même des champignons ou des virus) sont présentes dans le du sang. La septicémie affecte principalement les personnes déjà faibles, les nouveau-nés et les personnes âgées, mais elle peut également affecter des personnes qui n’ont pas été affectées. À l’échelle mondiale, on estime que 11 millions de personnes meurent chaque année d’une septicémie. Les prévisions futures indiquent que le nombre de cas doublera en 50 ans, notamment en raison du vieillissement de la population.

Sa cause

La septicémie est le résultat d’une infection grave (péritonite, pneumonie, infection des voies urinaires, infection du cathéter, etc.) qui débute généralement localement. Elle affecte généralement les patients dont le système immunitaire est affaibli. Lorsqu’elle survient après un comportement invasif (chirurgie ou autre), on parle d’infection nosocomiale.

Toutes les bactéries, même celles naturellement présentes à la surface de la peau ou des muqueuses (comme la gorge), sont généralement non pathogènes et peuvent provoquer une septicémie. Les infections fongiques (causées par des champignons) et certains virus (SRAS, SRAS-Cov2, grippe H1N1, fièvre hémorragique qui cause le Covid-19) peuvent également provoquer des réactions similaires. La méningite à méningocoques (purpura fulminant) est l’un des rares exemples de sepsis pouvant survenir chez les jeunes en bonne santé. L’utilisation de tampons peut provoquer un syndrome de choc staphylococcique toxique.

Ses symptômes

En 2002, la septicémie a été définie comme un syndrome caractérisé par une réponse inflammatoire systémique de la source de l’infection. En 2016, la définition a été redéfinie et la septicémie est désormais considérée comme un dysfonctionnement organique potentiellement mortel causé par la réponse déséquilibrée de l’hôte à l’infection, dont la forme la plus grave est le choc septique.

La septicémie s’accompagne d’une augmentation de la production de médiateurs inflammatoires. Par exemple, on dit que « la tempête de cytokines » entraînera la production d’une grande quantité de cytokines (médiateurs chimiques qui permettent la communication entre les cellules), ce qui affectera la fonction des organes vitaux de manière aiguë et pourra entraîner des séquelles fonctionnelles plus longues. Par conséquent, environ 25 % des survivants du sepsis présentent des troubles cognitifs après plus de 3 mois.

Son traitement

Les patients atteints de sepsis reçoivent généralement des soins intensifs, où ils reçoivent des antibiotiques et le soutien nécessaire pour maintenir leurs fonctions vitales.

Depuis plus de deux décennies, bien que des progrès considérables aient été réalisés dans la compréhension de la physiopathologie associée au sepsis, aucune nouvelle thérapie ciblant spécifiquement le sepsis n’a vu le jour. De nombreux essais cliniques coûteux se sont soldés par des échecs et le seul nouveau médicament approuvé dans cette indication (Xigris®) a finalement été retiré en 2011 faute de preuves convaincantes de son efficacité.

Par conséquent, de nouveaux concepts de traitement doivent être développés à partir d’une compréhension plus détaillée des mécanismes physiopathologiques associés au sepsis ; des tests de diagnostic plus rapides pour le sepsis bactérien permettront également un démarrage plus précoce des antibiotiques. Le dernier élément reste l’élément de base, car chaque heure supplémentaire augmente les chances de survie. Cependant, des développements récents liés à la pandémie provoquée par le virus SARS-Cov2 indiquent que certains traitements (corticothérapie, anticorps monoclonaux anti-cytokines) de l’inflammation excessive associée au sepsis viral ont des effets bénéfiques.

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